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Vincent Bolloré rate Brut et Konbini et songe à créer son propre média jeune

Par Éléonore kervadec Publié le 14 Sep 2026 à 16h32 3 min de lecture
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Vincent Bolloré rate Brut et Konbini et songe à créer son propre média jeune
Vincent Bolloré rate Brut et Konbini et songe à créer son propre média jeune

Vincent Bolloré n’a pas seulement des chaînes, des radios et des journaux. Il veut le web. Selon l’enquête de Clément Lacombe et Camille Vigogne Le Coat dans « La Droite de Dieu », le propriétaire de Vivendi a tenté en juin 2025 de racheter Brut pour environ 150 millions d’euros. L’offre n’a pas abouti. C’est Rodolphe Saadé, patron de CMA CGM, qui a emporté le média vidéo. Le second coup, dirigé vers Konbini, s’est heurté au refus de Geoffrey La Rocca. Deux portes fermées. Une même obsession : sortir du socle CNews, Europe 1, JDD pour aller chercher une génération qui ne passe plus par le linéaire.

L’échec n’est pas un abandon. Un proche cité dans le livre affirme que, faute d’acquisition, le milliardaire est prêt à lancer un média digital from scratch. Le diagnostic industriel est connu. Brut et Konbini ont construit, chacun à sa manière, une grammaire née sur les réseaux, faite de formats courts, de tons décalés et d’une audience que la télévision d’information peine à reconquérir. Racheter ces marques, c’était acheter du temps, des équipes et une crédibilité déjà installée auprès des 18-35 ans. Les créer soi-même, c’est plus long, plus cher, plus risqué. C’est aussi plus contrôlable.

Le web comme pièce manquante de l’empire

La logique est politique autant que médiatique. À l’approche de la présidentielle de 2027, élargir le champ au-delà du public actuel devient un enjeu de couverture, pas seulement de prestige. Bolloré dispose déjà d’une puissance d’antenne considérable. Il lui manque le tuyau où une part croissante de l’information se consomme vraiment : le fil, la story, la vidéo verticale. Un média « jeune » sous sa bannière viserait moins à dupliquer CNews en ligne qu’à occuper un territoire jusqu’ici tenu par d’autres actionnaires, d’autres rédactions, d’autres codes.

Le marché, lui, a déjà tranché une première fois. Saadé a choisi Brut. La Rocca a dit non. Reste l’hypothèse la plus lourde, celle d’une création maison. Dans l’économie des médias français, peu d’acteurs ont à la fois le capital, les relais existants et l’appétit pour une telle aventure. Peu aussi portent un projet aussi explicitement tourné vers le calendrier électoral. Vincent Bolloré n’a pas obtenu les clés de Brut ni celles de Konbini. Il n’a pas renoncé à la serrure. Le prochain chapitre ne sera plus une négociation d’acquisition. Ce sera, s’il va au bout, un lancement.

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Éléonore kervadec

Éléonore kervadec

Éleonore Kervadec est journaliste de formation et spécialiste de la communication. Après plusieurs années au sein de directions de la communication de sociétés de production audiovisuelle, elle s’est imposée comme une experte des stratégies d’image, des relations publiques et de la valorisation de contenus médiatiques.

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