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Lisa Debernard (SQOOL TV) : « Je ne veux pas pousser les gens dans leurs retranchements pour faire du clic »

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Lisa Debernard (SQOOL TV) : « Je ne veux pas pousser les gens dans leurs retranchements pour faire du clic »
Lisa Debernard (SQOOL TV) : « Je ne veux pas pousser les gens dans leurs retranchements pour faire du clic »

Passée par BFM Business, BFMTV, LCI ou encore Le Parisien, Lisa Debernard s’est progressivement imposée dans le paysage audiovisuel. Aujourd’hui à la présentation de « L’École du Futur » et de « Campus Stories » sur SQOOL TV (la 1ère chaîne de télévision entièrement dédiée à l’éducation) la journaliste revendique une approche humaine de son métier, fondée sur l’écoute et la bienveillance. Pour TVMag.info, elle revient sur ses débuts, ses rencontres marquantes, son rapport au direct, sa vision de l’intelligence artificielle et ses ambitions pour la suite de sa carrière.

Aimé Kaniki: Avant de parler de SQOOL TV, j’aimerais revenir sur vos débuts. Comment est née votre envie de devenir journaliste ? Était-ce une vocation depuis l’enfance ?

Lisa Debernard: C’est assez drôle, parce que cette question me rappelle celles qu’on me posait déjà pendant mes études de journalisme. Et je vais vous faire exactement la même réponse qu’à l’époque ! Depuis toute petite, j’ai toujours eu deux vocations : le journalisme et le dessin d’animation. C’étaient vraiment les deux univers qui m’animaient. Il y a quelques années, en rouvrant des cartons chez ma mère, je suis retombée sur de petites histoires que j’écrivais lorsque j’étais enfant. Et, à chaque fois, mes personnages étaient des journalistes ! Je pense que j’avais une véritable fascination pour ce métier. À la fin de mes études, j’ai finalement décidé de garder le dessin comme une passion et de me lancer dans le journalisme.

Quand vous étiez adolescente, vous vous intéressiez plutôt à la presse écrite, à la radio ou à la télévision ?

C’est assez paradoxal, mais j’ai mis du temps à vraiment m’intéresser à l’actualité. Pendant longtemps, je voulais travailler dans la presse féminine. Je m’imaginais davantage parler de lifestyle, de beauté et de sujets de société. L’actualité, au sens strict, n’était pas forcément quelque chose qui me faisait vibrer. C’est lorsque j’ai intégré une prépa Égalité des chances, pour préparer les concours des écoles de journalisme, que les choses ont commencé à changer. Il fallait évidemment suivre l’actualité de très près. Et, progressivement, je me suis rendu compte que cet univers me plaisait également.

Vous avez ensuite intégré le CELSA et travaillé pour plusieurs médias, notamment BFM Business, franceinfo, LCI ou encore Le Parisien. Quelle expérience vous a particulièrement marquée ?

J’aime bien dire que je suis un « bébé BFM Business » ! Même plusieurs années après, je continue à me définir comme cela, parce que c’est vraiment là-bas que j’ai fait mes armes. J’y ai effectué mon alternance pendant ma deuxième année de master au CELSA. Même si j’avais déjà travaillé dans d’autres médias et commencé à faire quelques piges, c’est à BFM Business que j’ai véritablement découvert le fonctionnement d’une grande rédaction et que j’ai énormément appris. Je garde également un excellent souvenir de mon passage au Parisien. C’était de la presse écrite, de la presse quotidienne régionale, avec beaucoup de terrain. J’avais beaucoup aimé cette expérience. Mais BFM Business conserve une place particulière dans mon parcours. On m’y a fait confiance très rapidement. Au bout de moins d’un mois, j’ai effectué mes premières interventions en direct à l’antenne. Je travaillais notamment sur une émission avec François Sorel. Je lui dois beaucoup, car c’est lui qui m’a encouragée à me lancer et à réaliser mes premiers sujets en plateau. Cette expérience m’a également ouvert les portes d’un grand groupe, avec BFMTV et RMC. Avant même la fin de mon alternance, j’avais commencé à prendre contact avec d’autres rédactions pour leur expliquer que j’allais bientôt être disponible. J’avais beaucoup entendu dire que la pige était compliquée, notamment lorsqu’on débute. Finalement, dès le lundi suivant la fin de mon alternance, je travaillais déjà comme pigiste chez BFMTV. Je n’ai donc pas connu de véritable période creuse.

Vous avez travaillé en télévision, en presse écrite, mais également dans le numérique. Aujourd’hui, vous vous considérez avant tout comme journaliste ou comme présentatrice ?

Aujourd’hui, je pense que la présentation a pris une place prépondérante dans mon activité. J’ai notamment passé un an et demi à LCI, au sein de la rédaction de « 24 heures Pujadas ». C’est probablement la période durant laquelle je me suis le plus installée dans une rédaction. Mais même à ce moment-là, je continuais à travailler pour d’autres médias, notamment 20 Minutes, et à participer au podcast « Monde Numérique » de Jérôme Colombain. J’ai toujours aimé cette polyvalence et le fait de pouvoir travailler sur différents supports. Aujourd’hui, même si je reste journaliste indépendante et que je travaille toujours à la pige, SQOOL TV constitue mon activité principale. Jusqu’à l’année dernière, je continuais à collaborer avec BFM Business, notamment pour des vidéos destinées à Instagram et TikTok. Mais progressivement, SQOOL TV a pris davantage de place. Avec cinq émissions par semaine, puis l’annonce d’une deuxième émission à présenter, j’ai naturellement concentré mon énergie sur ces projets. Je pense donc pouvoir aujourd’hui me définir comme présentatrice.

Comment avez-vous rejoint SQOOL TV, où vous présentez désormais « L’École du Futur » et « Campus Stories » ?

Tout est lié à mes expériences précédentes. Mon passage dans « Tech & Co », l’émission de François Sorel sur BFM Business, puis ma collaboration avec Jérôme Colombain, m’ont permis de développer une certaine expertise dans le numérique et les nouvelles technologies. Il y a un peu plus de deux ans, je suis tombée sur une annonce de SQOOL TV sur LinkedIn. La chaîne recherchait un chroniqueur ou une chroniqueuse spécialisé dans le numérique pour intervenir dans « L’École du Futur ». À ce moment-là, je revenais à la pige après un an et demi chez « 24 heures Pujadas ». J’avais très envie de reparler de nouvelles technologies et de retrouver l’antenne. J’ai donc postulé. Tout s’est très bien passé et je suis devenue chroniqueuse de l’émission, qui était alors présentée par Philippine Dolbeau. À la fin de la saison, Philippine n’a pas reconduit son contrat. La chaîne m’a alors proposé de participer au casting pour reprendre la présentation. Et me voilà, depuis maintenant un an et demi, à la tête de « L’École du Futur » !

Présenter une émission, c’est aussi lui donner une identité. Quelle touche personnelle avez-vous souhaité apporter à « L’École du Futur » ?

Je pense que je me suis d’abord inscrite dans la continuité de ce que faisait Philippine. Nous avions réussi à créer un très bon binôme, avec une énergie que j’avais envie de conserver. Mais ce qui fait aussi l’identité de l’émission, c’est la liberté dont nous disposons à SQOOL TV. Je travaille en binôme avec un producteur, Lilian Bremond, et nous avons une vraie latitude dans le choix des sujets que nous abordons. Bien sûr, il existe des conférences de rédaction et les choix éditoriaux sont validés. Mais nous pouvons aussi faire les choses à notre manière. Personnellement, je tiens beaucoup aux questions de parité et de diversité. J’aime notamment consacrer des émissions à la place des filles dans les sciences et les nouvelles technologies. On sait qu’il existe encore un véritable problème de représentation féminine dans les filières scientifiques. Je suis également très attachée aux enjeux liés à l’intelligence artificielle, qui occupent désormais une place importante dans nos programmes.

Avec « Campus Stories », vous donnez la parole à des étudiants qui racontent parfois des expériences très personnelles. Comment parvenez-vous à instaurer une relation de confiance avec eux ?

C’est un exercice assez nouveau pour moi, et je considère que je suis encore en phase d’apprentissage. Je pense que cette confiance se construit avant même le début de l’émission. J’essaie généralement d’avoir mes invités au téléphone en amont, pour échanger avec eux et leur expliquer l’esprit du programme. J’ai vraiment envie que « Campus Stories » soit une safe place, un espace dans lequel les étudiants puissent s’exprimer librement. Nous discutons également beaucoup dans les vingt minutes qui précèdent leur arrivée sur le plateau. Je pense que mon âge joue aussi un rôle. Je suis la plus jeune présentatrice de SQOOL TV, et les étudiants que je reçois ne sont finalement pas beaucoup plus jeunes que moi. Je n’ai quitté les études que depuis quelques années. J’essaie donc d’instaurer une relation presque familière, tout en conservant la distance professionnelle nécessaire. Je veux qu’ils comprennent que je ne suis pas là pour les mettre en difficulté ou les pousser dans leurs retranchements, mais pour leur permettre de raconter ce qui leur semble important. L’idée de « Campus Stories », c’est justement de donner la parole aux premiers concernés par les problématiques éducatives : les étudiants eux-mêmes.

Vous avez expliqué récemment sur LinkedIn que certaines rencontres continuaient de vous accompagner longtemps après les interviews. Y a-t-il un témoignage qui vous a particulièrement touchée ?

Je suis quelqu’un de très empathique, donc je me sens assez facilement concernée par les histoires que l’on me raconte. Mais il y a notamment le témoignage d’un jeune homme de 20 ans qui m’a énormément marquée. Il avait subi un premier AVC à seulement 12 ans, puis un deuxième à 17 ans. Malgré tout ce qu’il avait traversé, il faisait preuve d’une résilience absolument incroyable. Son témoignage était très sincère. Pendant tout le week-end qui a suivi l’émission, je n’ai pas arrêté de repenser à son histoire. Ce qui est parfois délicat dans ce type d’entretien, c’est de trouver le bon équilibre. Il faut accompagner la personne pour qu’elle puisse raconter son parcours le plus clairement possible, sans pour autant chercher à provoquer artificiellement de l’émotion. Je n’ai pas envie de faire des émissions où l’on recherche absolument les larmes. Certaines histoires sont naturellement touchantes, et il faut simplement savoir leur laisser de la place.

Justement, comment trouvez-vous cet équilibre entre l’émotion et la nécessité journalistique de poser parfois des questions difficiles ?

Je n’ai rien contre l’émotion dans une émission. Au contraire, si une personne souhaite transmettre quelque chose de fort, c’est tout à fait légitime. Ce que je refuse, c’est le côté larmoyant, le fait de pousser quelqu’un dans ses retranchements ou de le mettre mal à l’aise simplement parce que cela pourrait générer davantage de clics. C’est vraiment la limite que je me fixe. Pour trouver cet équilibre, je privilégie énormément les échanges en amont. Je pense par exemple à une jeune femme que j’ai reçue pour évoquer la place des femmes dans les métiers militaires. Avant l’émission, il me semblait indispensable de discuter avec elle de certaines expériences potentiellement difficiles, notamment de la question des violences qu’elle aurait pu subir au cours de sa formation. Je ne voulais surtout pas la prendre au dépourvu en plateau. Cela peut parfois retirer une part de spontanéité à l’interview, mais je préfère que les sujets sensibles soient abordés dans un cadre où les limites de chacun sont clairement définies. Je me demande aussi toujours comment je réagirais à la place de mon invité. Quelles questions accepterais-je que l’on me pose ? Quelles limites ne voudrais-je pas voir franchies ?

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, pensez-vous qu’un journaliste doit aussi savoir construire sa propre image pour réussir dans les médias ?

Je pense que cela dépend beaucoup du métier auquel on se destine. Dans la presse écrite ou dans certaines fonctions de télévision, comme celles de chef d’édition, on n’est pas directement exposé au public. La question de l’image personnelle ne se pose donc pas de la même manière. En revanche, pour les métiers de présentation, y compris lorsque l’on réalise des vidéos face caméra sur les réseaux sociaux, savoir communiquer et se mettre en avant peut devenir important. Le secteur des médias traverse une période compliquée et les places sont rares. Il faut donc parfois savoir se rendre visible. Mais je ne pense pas que cela doive passer avant les compétences. Personnellement, j’ai toujours cherché à être extrêmement polyvalente. C’est ce qui m’a permis de continuer à travailler régulièrement, même en étant pigiste. Multiplier les compétences permet aussi d’acquérir de l’expérience, et cette expérience reste essentielle lorsque l’on cherche du travail. Après, il est vrai que certains médias se tournent désormais vers des personnalités déjà présentes sur les réseaux sociaux pour toucher de nouveaux publics. Tout dépend finalement du poste et du média que l’on vise.

Beaucoup de jeunes journalistes rêvent de présenter une émission. En 2026, le travail et le talent suffisent-ils encore pour réussir à la télévision, ou faut-il nécessairement avoir des relations ?

Je pense que mon parcours prouve justement que le travail peut payer. Je suis passée par une prépa Égalité des chances et je n’avais aucun contact dans le milieu des médias lorsque j’ai commencé. Il faut s’accrocher et surtout savoir saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent. Je n’ai pas toujours occupé des postes qui me plaisaient particulièrement. Certaines expériences étaient moins intéressantes que d’autres, mais je les envisageais toujours en me demandant ce qu’elles pourraient m’apporter ensuite. Bien sûr, il ne faut pas se mentir : c’est un milieu dans lequel les choses peuvent être plus simples lorsqu’on connaît certaines personnes. Mais je reste convaincue que le travail finit par payer. Il faut persévérer.

L’intelligence artificielle transforme actuellement les rédactions. La considérez- vous comme une opportunité ou comme une menace pour le journalisme ?

Pour moi, l’intelligence artificielle est avant tout un outil. Et c’est à nous de savoir nous en saisir correctement. Je ne crois pas vraiment à cette idée selon laquelle l’IA va nécessairement nous remplacer. En revanche, je suis convaincue qu’elle va transformer notre manière de travailler, comme elle transforme déjà énormément d’autres professions. J’aborde régulièrement ce sujet dans mes émissions, notamment à travers les métiers de l’éducation, et cela n’a fait que renforcer ma conviction : l’IA ne remplace pas, l’IA transforme. Dans mon travail, elle peut par exemple me permettre de réfléchir à de nouveaux angles. Je prépare une émission de mon côté, puis je peux soumettre mon sujet à une intelligence artificielle pour lui demander si certaines questions mériteraient d’être approfondies. C’est un peu comme un échange au sein d’une rédaction. On discute, on relance, on creuse des pistes. Parfois, cela permet de découvrir des angles auxquels on n’aurait pas pensé spontanément. Je pense donc que c’est un formidable outil, à condition de savoir l’utiliser correctement et de ne pas lui abandonner notre réflexion.

Vous appartenez à une génération qui a grandi avec Internet et les réseaux sociaux. La télévision française comprend-elle encore suffisamment les attentes des jeunes générations ?

Je pense que nous sommes arrivés à un véritable tournant. Même si je travaille à la télévision, je dois reconnaître que je ne la regarde pas forcément moi-même. Mais je ne pense pas que ce soit uniquement la faute des médias. Les habitudes de consommation ont profondément changé. Aujourd’hui, nous avons tous un smartphone dans la poche. Nous sommes connectés en permanence et nous n’avons plus nécessairement besoin d’allumer un téléviseur pour nous informer ou nous divertir. Je pense qu’on ne peut plus attendre des jeunes générations qu’elles consomment la télévision comme leurs parents ou leurs grands-parents. C’est d’ailleurs pour cela que les rédactions s’adaptent et développent leurs contenus sur YouTube, les plateformes de streaming et les réseaux sociaux. C’est désormais sur ces supports que l’on retrouve une grande partie des jeunes publics. Certains programmes de divertissement continuent évidemment à fonctionner, comme la « Star Academy », qui bénéficie aussi d’un phénomène de nostalgie. Mais même ces émissions sont de plus en plus consommées en différé, en replay ou à travers des extraits diffusés sur les plateformes. Je ne pense pas qu’il y aura de retour en arrière sur ce point. Et je crois que les médias en ont désormais largement pris conscience.

À l’écran, vous êtes toujours souriante, spontanée et à l’écoute de vos invités. Mais comment êtes-vous quelques minutes avant un direct ? Ressentez-vous encore du stress ?

Pas du tout ! Même lors de ma toute première intervention chez BFM Business, je n’étais pas stressée. Je crois que je suis un peu un ovni sur ce sujet ! Je me suis toujours dit une chose : je fais de la télévision, je ne sauve pas des vies. Au pire, si je me trompe, je me ridiculise un peu à l’antenne, mais personne ne va mourir ! Ce n’est pas grave de se tromper. C’est aussi comme cela que l’on apprend. Et surtout, je pars du principe que si je suis stressée, mon invité risque de l’être encore davantage. Alors, dans les minutes qui précèdent une émission, je passe souvent mon temps à faire la pitre sur le plateau pour détendre les personnes que je reçois. J’ai envie que les émissions soient agréables à regarder, mais aussi agréables à vivre pour les invités. Je ne veux pas qu’ils repartent avec le sentiment de ne pas avoir réussi à s’exprimer à cause du stress. Je crois que ce que l’on voit à la télévision correspond vraiment à ma personnalité. Je suis naturellement souriante et j’essaie d’apporter beaucoup de légèreté avant le tournage pour que cela se ressente ensuite à l’antenne.

Y a-t-il une journaliste ou une présentatrice qui vous a particulièrement inspirée ?

Oui, Élisabeth Quin. Lorsque j’ai commencé à préparer les concours de journalisme, je me suis mise à regarder régulièrement « 28 minutes » sur Arte. J’ai toujours trouvé sa manière de mener les émissions assez géniale. Elle a ce mélange de classe, de décontraction et d’intelligence que j’admire beaucoup. Si je devais citer une journaliste qui m’inspire particulièrement, ce serait vraiment elle.

Et quelle personnalité rêveriez-vous d’interviewer ?

C’est une question difficile, parce que je crois que ce qui me plaît le plus, ce n’est justement pas d’interviewer des personnalités connues. Ce que j’aime dans « Campus Stories », c’est de rencontrer des personnes ordinaires, des gens qui ont des trajectoires de vie et des histoires à raconter. Il y a quelque chose de très intime et de très humain dans ces échanges qui me touche énormément. Lorsqu’on reçoit une personnalité médiatique, on a souvent affaire à quelqu’un qui connaît déjà très bien les plateaux et les codes de la communication. Il peut donc parfois manquer une certaine spontanéité. Avec des personnes moins habituées aux médias, on découvre des histoires et des réactions beaucoup plus spontanées. C’est précisément ce que j’aime dans les interviews.

En vous écoutant, on pourrait imaginer une émission sur YouTube dans laquelle vous recevriez des personnes anonymes pour raconter leurs parcours, en dehors du cadre de SQOOL TV. Avez-vous déjà envisagé ce type de projet personnel ?

Oui, forcément, j’y ai déjà pensé. Avant même d’imaginer une émission sur YouTube, j’avais envisagé de lancer un podcast. J’ai d’ailleurs commencé à travailler sur quelques ébauches de projets, mais je ne suis jamais vraiment allée au bout. Je crois que j’aimerais beaucoup le faire. Mais je me rends aussi compte de la quantité de travail que cela représente. Je suis assez perfectionniste. Je sais pourtant que le mieux est parfois l’ennemi du bien, mais j’ai du mal à me détacher de cette exigence. J’ai régulièrement beaucoup d’idées, mais je suis aussi rassurée par le fait de travailler dans une rédaction, entourée de professionnels qui ont chacun leur rôle et leurs compétences. Me lancer seule, ou avec une toute petite équipe, dans un projet de cette ampleur me semble encore assez intimidant. Et puis, je pense aussi que je m’épanouis aujourd’hui dans ce que je fais. J’ai de la liberté, mes émissions me plaisent et je ne ressens pas encore ce besoin absolu de créer quelque chose par moi-même. Peut-être que dans quelques années, j’aurai complètement changé d’avis et que j’aurai lancé mon propre média ou ma propre chaîne YouTube. Mais pour l’instant, je suis heureuse dans mon activité actuelle.

Pour terminer, y a-t-il une émission ou un type de programme que vous rêveriez de présenter dans les prochaines années ?

Il n’y a pas véritablement une émission précise qui me fasse rêver. En revanche, je sais davantage vers quel type de programme j’ai envie de me diriger. Après avoir travaillé dans les chaînes d’information, je crois que j’ai aujourd’hui envie de rester dans des formats magazines, comme ceux que je présente sur SQOOL TV. J’aime avoir du temps pour entrer dans un sujet, pour le comprendre, pour poser des questions et surtout pour apporter de la nuance. C’est vraiment ce qui me plaît aujourd’hui.

Quand vous parlez de magazines, vous imaginez plutôt des émissions de société, de consommation ou des programmes culturels ?

Je suis quelqu’un d’extrêmement curieux. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai multiplié les expériences et développé des compétences dans différents domaines. Lorsque je m’intéresse à un sujet, j’ai besoin de beaucoup travailler, de me documenter et d’essayer de tout maîtriser. Je suis une véritable boulimique d’informations ! Je pourrais très bien imaginer présenter un magazine consacré à la santé, par exemple, ou à la culture. J’adore la culture. J’aime énormément le cinéma et la littérature. Donc, peut- être que la culture serait effectivement un domaine dans lequel je rêverais d’évoluer. Mais je ne veux surtout pas me fixer de limites. Tant qu’il y a de nouveaux sujets à découvrir, des choses à apprendre, des défis à relever, cela me passionne. Je pense que c’est justement parce que je ne me suis jamais enfermée dans une seule case que j’ai pu saisir autant d’opportunités et évoluer professionnellement. Aujourd’hui, j’ai envie de continuer dans cette direction, sans me fermer de portes, et de voir où la vie me mène.

Propos recueillis par Aimé Kaniki

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