Ballon d’Or 2026 : un journaliste marocain dénonce des pressions pour modifier son vote
Le Ballon d’Or 2026 continue de susciter la controverse. Quelques jours après le sacre de Harry Kane, Mustapha Badri, journaliste marocain et membre du jury, affirme avoir été approché pour modifier son vote en faveur d’un autre joueur qu’Achraf Hakimi. Des révélations qui soulèvent des interrogations sur les tentatives d’influence entourant l’une des récompenses individuelles les plus prestigieuses du football mondial.
Le scrutin du Ballon d’Or 2026 n’a pas fini de faire parler. Alors que l’attaquant anglais Harry Kane a remporté le trophée devant Kylian Mbappé et Lamine Yamal, la publication des bulletins des journalistes a provoqué de nombreuses réactions. Parmi les votants figure Mustapha Badri, directeur général du groupe de presse sportive marocain Al Mountakhab, qui représentait le Maroc. Dans un entretien accordé à Africafoot, il affirme avoir subi des sollicitations destinées à modifier son classement dans les dernières heures précédant le vote officiel.
Le journaliste explique avoir été contacté par plusieurs personnes souhaitant le convaincre de ne pas placer Achraf Hakimi en première position. « Certaines personnes m’ont contacté pour tenter de m’influencer », a-t-il confié, précisant qu’elles souhaitaient favoriser un autre joueur. Mustapha Badri assure avoir refusé ces sollicitations et maintenu son choix initial. Il n’a toutefois révélé ni l’identité des personnes qui l’auraient approché ni celle du joueur qu’elles auraient souhaité voir avantagé. À ce stade, ses déclarations constituent un témoignage personnel et ne permettent pas, à elles seules, d’établir l’existence d’une manipulation organisée du scrutin.
Achraf Hakimi placé devant Mbappé et Yamal
Dans son bulletin, Mustapha Badri a placé Achraf Hakimi en tête, devant Kylian Mbappé et Lamine Yamal. Le défenseur du Paris Saint-Germain, également international marocain, a finalement terminé à la treizième place du classement général, avec 65 points. Pour justifier son choix, le journaliste met en avant les performances sportives du joueur, son apport offensif et son rôle dans les succès collectifs du club parisien. Il estime notamment que la polyvalence de Hakimi et sa capacité à peser sur les rencontres décisives n’ont pas été suffisamment reconnues.
Mustapha Badri reconnaît également que son attachement au Maroc a joué dans son appréciation, tout en rejetant l’idée d’un vote exclusivement patriotique. Il considère que les performances du latéral parisien lui donnaient des arguments sportifs suffisants pour prétendre au trophée. Le journaliste respecte par ailleurs le résultat officiel et ne conteste pas la régularité du sacre de Harry Kane, même s’il estime personnellement que d’autres candidats ont davantage marqué la saison. Une distinction importante entre son désaccord avec le classement final et ses accusations concernant les démarches dont il affirme avoir fait l’objet.
Les stratégies d’influence autour du Ballon d’Or interrogées
Ces déclarations relancent le débat sur les campagnes de communication qui accompagnent désormais les grandes récompenses individuelles. Clubs, entourages et représentants de joueurs cherchent régulièrement à valoriser les performances de leurs candidats auprès des médias. Cette promotion peut prendre différentes formes, depuis les interviews jusqu’aux opérations de communication internationales. La question devient plus sensible lorsqu’un journaliste chargé de voter affirme avoir été directement sollicité pour écarter un candidat au profit d’un autre. En septembre, d’autres votants avaient déjà évoqué des tentatives de contact émanant de l’entourage de certains joueurs.
Le témoignage de Mustapha Badri intervient alors que la transparence du Ballon d’Or repose notamment sur la publication des votes individuels des journalistes. Cette procédure permet au public de connaître les choix de chaque juré, mais elle ne suffit pas à déterminer si des pressions ont été exercées en amont. En l’absence d’éléments complémentaires permettant d’identifier les personnes mises en cause, aucune conclusion ne peut être tirée sur une éventuelle irrégularité. L’affaire rappelle néanmoins que le Ballon d’Or ne se joue pas uniquement sur les terrains : la réputation des joueurs, leur exposition médiatique et les stratégies déployées autour de leur candidature participent également aux débats qui entourent chaque édition.



