Lalie Bordron : « Mon premier choix, c’est vraiment le journalisme sportif »
Encore étudiante en BUT Information-Communication, parcours Journalisme, à l’Université Clermont Auvergne de Vichy, Lalie Bordron possède déjà plusieurs expériences dans les médias locaux. Après un premier stage au Journal des Sables, elle a passé deux mois au sein de la rédaction de TV Vendée, où elle a découvert le métier de journaliste reporter d’images. Reportages, interviews institutionnelles, montage et initiation à la présentation : la jeune journaliste revient pour TVMag.info sur cette immersion et dévoile ses ambitions, tournées vers la télévision et le journalisme sportif.
Aimé Kaniki : Pourquoi avoir choisi de vous orienter vers le journalisme ?
Lalie Bordron : Je suis actuellement en BUT Information-Communication, parcours Journalisme, à Vichy. Cette formation dure trois ans et accorde une place importante à la pratique. À la fin de chaque année, nous devons notamment effectuer un stage. Cela nous permet de découvrir progressivement les différents supports et de confronter rapidement ce que nous apprenons en cours à la réalité du terrain. Lors de ma première année, j’ai effectué un stage d’un mois en presse écrite au Journal des Sables, aux Sables-d’Olonne. Comme je suis davantage attirée par l’audiovisuel, j’ai ensuite souhaité découvrir une télévision locale afin d’y apprendre les bases du métier. J’avais déjà réalisé un stage d’observation à TV Vendée lorsque j’étais en troisième. Je connaissais donc la chaîne et j’ai décidé de proposer ma candidature. J’ai eu la chance d’être acceptée très rapidement pour un stage de deux mois, en mai et juin.
Que retenez-vous de vos premiers jours au sein de la rédaction de TV Vendée ?
Dès mon premier jour, je suis partie en reportage avec une journaliste pour observer son travail. Le lendemain, la rédaction m’a déjà laissée partir seule afin de réaliser un sujet composé d’images et de deux interviews. Ce n’était pas encore un reportage entièrement construit, mais cette confiance accordée aussi rapidement m’a beaucoup marquée. Je n’étais qu’en deuxième année de journalisme et je ne possédais pas encore tout le bagage nécessaire pour réaliser les meilleurs reportages possibles. Le fait d’être immédiatement envoyée sur le terrain m’a néanmoins permis de prendre confiance. Tous les journalistes de la rédaction m’ont accompagnée avec beaucoup de bienveillance. Ils me donnaient des conseils, me transmettaient leurs méthodes et m’expliquaient les points à améliorer. Lorsque je compare mon travail du début du stage avec celui réalisé à la fin des deux mois, je mesure vraiment les progrès accomplis.
Cette expérience vous a-t-elle permis de découvrir toutes les étapes du métier de journaliste reporter d’images ?
Oui, j’ai pu apprendre les bases du métier de JRI, de la préparation du sujet jusqu’au montage. La partie qui m’a demandé le plus de travail était probablement l’écriture et l’enregistrement du commentaire. Il fallait trouver la bonne manière de présenter les informations, les replacer dans leur contexte et construire un récit cohérent. Il m’arrivait d’enregistrer cinq ou six fois le même commentaire avant d’être pleinement satisfaite. Le tournage demandait également beaucoup de vigilance. À l’école, nous avions déjà utilisé des caméras, mais, une fois en rédaction, je savais que les images étaient destinées à être diffusées. Je refaisais parfois plusieurs fois le même plan pour être certaine qu’il ne soit pas flou ou perturbé par un élément extérieur. Cela pouvait prendre davantage de temps, mais l’équipe semblait satisfaite de mon travail. Cette exigence a donc été utile.
Vous avez également réalisé vos premières interviews de responsables institutionnels, dont le préfet de la Vendée. Comment avez-vous vécu cet exercice ?
C’était impressionnant, d’autant que cette interview est arrivée après seulement deux semaines de stage. Je couvrais les Assises de la sécurité routière en Vendée, organisées autour du nombre d’accidents dans le département et de la prévention auprès des entreprises et de leurs salariés. J’avais été envoyée seule sur place pour recueillir l’interview du préfet et réaliser quelques images. En arrivant, j’ai appris que le préfet ne serait présent que plusieurs heures plus tard. J’ai appelé une journaliste de TV Vendée parce que je ne savais pas encore comment gérer cette attente. Finalement, j’en ai profité pour interviewer son directeur de cabinet. Cet entretien n’était pas prévu et j’ai dû m’adapter rapidement. Lorsque le préfet est arrivé, j’étais forcément stressée, mais il s’est montré très accessible et m’a immédiatement mise à l’aise. J’ai essayé de le considérer comme n’importe quel autre interlocuteur, tout en conservant la distance et le respect nécessaires. Par la suite, je l’ai rencontré à plusieurs reprises, notamment lors d’un épisode de canicule. Les échanges sont alors devenus plus naturels. Durant ce stage, j’ai également pu interroger le sous-préfet, le directeur du SDIS et différents responsables hospitaliers. Cela représente une expérience très enrichissante pour une étudiante.
Vous avez aussi expérimenté la présentation d’un journal télévisé. Comment cela s’est-il déroulé ?
Je n’ai pas réellement présenté le journal de TV Vendée à l’antenne. Je devais rendre un rapport de stage sous la forme d’une vidéo et j’ai choisi de me mettre dans la peau d’une présentatrice. La dernière semaine, j’ai donc enregistré mon rapport sur le plateau du JT, avec le prompteur et une oreillette me permettant d’entendre la régie. Au début, c’était impressionnant. J’étais seule sur le plateau et j’entendais les commentaires de l’équipe technique dans mon oreillette. L’un des membres de la régie essayait même de me faire rire pendant que je parlais ! Je devais rester sérieuse, me concentrer sur le prompteur, bien articuler et poser ma voix. Je me suis placée dans les conditions d’un véritable direct, comme si toute la France me regardait. J’ai finalement réussi à réaliser la prise en une seule fois. Cette expérience était à la fois amusante et formatrice, et elle m’a permis de mieux comprendre les exigences de la présentation.
Entre la presse écrite, la radio et la télévision, quel média vous correspond aujourd’hui le mieux ?
La télévision reste clairement mon média préféré. Je regarde très régulièrement les journaux télévisés, notamment le 20 Heures lorsque je rentre des cours. Il m’arrive également de suivre les chaînes d’information en continu, même si je préfère les journaux traditionnels, qui proposent aussi des sujets plus légers ou des rubriques permettant de varier les tonalités lorsque l’actualité est difficile. J’écoute surtout les journaux à la radio lorsque je suis en voiture. J’apprécie le fait de pouvoir m’informer tout en faisant autre chose. Pour la presse écrite, je lis principalement Ouest-France lorsque je suis chez mes grands-parents, qui y sont abonnés. J’ai apprécié mon expérience au Journal des Sables, mais, professionnellement, je me projette davantage dans l’audiovisuel.
Quelle importance les télévisions locales comme TV Vendée conservent-elles face aux chaînes nationales et aux réseaux sociaux ?
Leur audience est évidemment moins importante que celle des grandes chaînes nationales, mais elles occupent une véritable place sur leur territoire. Lorsque je parlais de mon stage autour de moi, de nombreuses personnes me répondaient qu’elles regardaient régulièrement TV Vendée. J’ai également souvent rencontré des habitants qui avaient déjà été interrogés par la chaîne. Dans un département aussi dynamique et attractif que la Vendée, un média local permet de rendre compte de sujets qui ne seraient pas nécessairement traités à l’échelle nationale. TV Vendée propose aujourd’hui plusieurs émissions et aborde des domaines très différents. Cette proximité avec les habitants, les associations, les institutions et les événements du territoire lui donne une réelle utilité.
Ces deux mois ont-ils changé votre perception du rythme et des contraintes d’une rédaction professionnelle ?
Mon premier stage en presse locale m’avait déjà permis de découvrir le fonctionnement d’une rédaction. Je n’ai donc pas été totalement surprise, même si la télévision possède naturellement ses propres contraintes. Le rythme dépend beaucoup de l’actualité et des horaires des reportages. Un journaliste peut commencer très tôt lorsqu’un tournage est prévu le matin ou, au contraire, débuter plus tard et terminer vers 21 heures lorsqu’un événement se déroule en soirée. Comme j’étais stagiaire, l’équipe veillait à respecter les horaires prévus par ma convention. Il m’est néanmoins arrivé de terminer plus tard, notamment le soir de l’interview du préfet. Je suis rentrée à la rédaction et j’ai travaillé jusqu’à environ 20 h 30 afin que le sujet soit prêt pour le journal du lundi matin. Cela fait aussi partie du métier. Je retiens surtout l’accompagnement et la bienveillance de l’équipe, qui savait qu’il s’agissait de ma première véritable expérience en télévision.
Vous souhaitez désormais vous spécialiser dans le journalisme sportif. D’où vient cette ambition ?
Le journalisme sportif constitue aujourd’hui mon premier choix. J’envisage notamment de candidater à la licence professionnelle de journalisme sportif proposée par l’ESJ Lille après mon BUT. J’aimerais travailler à la télévision et, pourquoi pas, me retrouver un jour au bord d’un terrain. Je suis particulièrement passionnée par le handball. Je pratique ce sport depuis peu, mais j’évolue dans cet univers depuis ma naissance grâce à mon père. J’ai également pratiqué la gymnastique aux agrès pendant quatorze ans et je m’intéresse à la natation, au rugby ou encore au basket. J’aime finalement suivre de nombreuses disciplines. Le handball reste toutefois le sport qui me tient le plus à cœur. Il bénéficie d’une forte exposition pendant les Jeux olympiques, les Championnats du monde ou les Championnats d’Europe, mais son actualité quotidienne et les compétitions nationales sont moins suivies. Il existe donc probablement une place à prendre pour mieux le raconter. Je participe d’ailleurs à la communication de mon club en Vendée, où je réalise des photographies, des interviews et différents contenus.
La place des femmes dans le journalisme sportif est-elle aussi une motivation pour vous ?
Oui, c’est un sujet qui compte beaucoup pour moi. Les femmes restent sous-représentées dans le journalisme sportif et je trouve important qu’elles puissent davantage y prendre leur place. Comme j’adore le sport, réussir à évoluer dans ce milieu en tant que femme représenterait pour moi une véritable fierté et, d’une certaine manière, un honneur.
Quels sont maintenant vos projets pour la suite de votre formation et de votre carrière ?
Je vais entrer dans la troisième et dernière année de mon BUT. Je devrai effectuer quatorze semaines de stage, entre mars et juin, et j’aimerais rejoindre une rédaction sportive pendant au moins une partie de cette période. Je souhaite découvrir son fonctionnement, développer mes compétences et commencer à me constituer une véritable expérience dans ce domaine. Si j’avais l’occasion de retourner à TV Vendée, je l’accepterais également avec plaisir, car je m’y suis vraiment sentie bien. J’aimerais aussi développer davantage mon compte professionnel sur Instagram. J’y partage déjà certaines réalisations, mais je voudrais proposer de nouvelles interviews, rencontrer des sportifs ou présenter des personnes exerçant des métiers atypiques. Je dois encore trouver le concept précis avant de me lancer pleinement. À plus long terme, le journalisme sportif et la télévision restent mes objectifs prioritaires. Je suis également attirée par les documentaires de long format réalisés à l’étranger. La suite dépendra de mes admissions, de mes stages et des opportunités qui se présenteront. Je souhaite surtout continuer à apprendre, acquérir de l’expérience et conserver cette envie de découvrir de nouveaux sujets.
Propos recueillis par Aimé Kaniki
Aimé Kaniki
Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.
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