L’Arcom met fin aux « rattrapages » nocturnes des temps de parole politiques
L’Arcom va modifier en profondeur sa méthode de contrôle du pluralisme politique dans les médias audiovisuels. À partir du 1er octobre 2026, les interventions des responsables politiques diffusées entre minuit et 5h59 ne seront plus prises en compte dans le calcul des temps de parole. Une décision destinée à empêcher certaines chaînes de télévision et stations de radio d’utiliser les rediffusions nocturnes pour rééquilibrer artificiellement leurs obligations légales.
Jusqu’à présent, l’ensemble des interventions politiques diffusées au cours de la journée, quelle que soit leur heure de programmation, étaient comptabilisées de la même manière. Cette règle permettait à certains diffuseurs de programmer des personnalités peu exposées ou des candidats moins présents en journée au cœur de la nuit, tout en respectant formellement les exigences imposées par le régulateur.
Une réforme avant la présidentielle de 2027
Réuni en séance plénière le 30 juin, le collège de l’Arcom a décidé de mettre fin à cette pratique. Le régulateur estime que les interventions diffusées à des horaires où l’audience est très faible ne peuvent plus être considérées comme offrant une exposition équivalente à celle des émissions de grande écoute.
Avant l’entrée en vigueur de cette mesure, l’autorité ouvrira une phase de concertation avec les groupes audiovisuels afin d’adapter les modalités de contrôle et de permettre aux chaînes et aux radios de respecter leurs obligations sans pénaliser leur programmation. Cette réforme s’inscrit dans la préparation des prochaines grandes échéances électorales, au premier rang desquelles figure l’élection présidentielle de 2027.
CNews mise en demeure pendant les municipales
Dans son rapport consacré à la couverture médiatique des élections municipales de mars 2026, l’Arcom estime que les règles du pluralisme ont été globalement respectées par les diffuseurs. L’autorité a toutefois prononcé une mise en demeure à l’encontre de CNews.
Le régulateur reproche à la chaîne la diffusion, le 20 mars, d’un reportage consacré à Rachida Dati, suivi d’un débat en plateau, à seulement deux jours du second tour. Selon l’Arcom, ce dispositif présentait un « manque de mesure et d’honnêteté » dans le traitement de la campagne électorale, constituant un manquement aux obligations de pluralisme et d’équilibre éditorial.
Des règles renforcées pour les médias et les plateformes
Au-delà de la télévision et de la radio, l’Arcom prépare également les recommandations qui encadreront la couverture de la campagne présidentielle sur les plateformes numériques. Des services comme TikTok, YouTube ou X seront eux aussi concernés par les futures lignes directrices que l’autorité prévoit de publier dans les prochains mois.
En supprimant la prise en compte des diffusions nocturnes, le régulateur entend rendre le contrôle des temps de parole plus représentatif de l’exposition réelle des responsables politiques auprès du public. Cette évolution marque un nouveau durcissement des règles du pluralisme à l’approche d’une séquence électorale qui s’annonce particulièrement sensible pour l’ensemble des médias audiovisuels français.
La rédaction
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