Aller au contenu

Télévision · Radio · Presse · Numérique

Tout le fil d’actualité
Actualité

Liberté de la presse : 86 % des meurtres de journalistes restent impunis dans le monde, alerte l’Unesco

Partager
Liberté de la presse : 86 % des meurtres de journalistes restent impunis dans le monde, alerte l’Unesco
Liberté de la presse : 86 % des meurtres de journalistes restent impunis dans le monde, alerte l'Unesco

La sécurité des journalistes se dégrade à l’échelle mondiale. Dans un rapport publié ce lundi 2 novembre 2026, à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, l’Unesco révèle que 86 % des assassinats de professionnels de l’information restent sans résolution judiciaire. Ce taux augmente pour la première fois depuis que l’organisation a commencé à le mesurer en 2012. Plus inquiétant encore, 189 journalistes ont été tués au cours des années 2024 et 2025, soit une augmentation de 20 % par rapport aux deux années précédentes. Les zones de guerre concentrent désormais la majorité de ces décès, tandis que l’utilisation croissante des drones fait apparaître de nouvelles menaces pour les reporters.

Le constat dressé par l’organisation des Nations unies marque une rupture avec les progrès enregistrés depuis plus d’une décennie. En 2012, le taux mondial d’impunité atteignait 95 %, avant de diminuer progressivement jusqu’à 85 % en 2024. Il remonte désormais à 86 %, ce qui signifie que près de six meurtres de journalistes sur sept ne donnent pas lieu à une résolution judiciaire. Cet indicateur prend en compte les affaires dont les enquêtes n’ont pas abouti ou sont toujours en cours. Il ne signifie donc pas nécessairement que tous les auteurs ont été identifiés puis laissés en liberté. L’Unesco souligne néanmoins les insuffisances persistantes des investigations et des poursuites, particulièrement dans les pays confrontés à des conflits armés. Mariya Gabriel, sous-directrice générale de l’organisation pour la communication et l’information, insiste sur la difficulté à obtenir justice dans ces territoires. L’organisation rappelle également que son rôle consiste à documenter les crimes, à demander des informations aux États et à encourager les autorités à poursuivre les responsables.

Les zones de guerre concentrent désormais les deux tiers des journalistes tués

Sur les 189 journalistes, professionnels des médias et créateurs de contenu exerçant une activité journalistique tués en 2024 et 2025, 127 ont perdu la vie dans des zones de conflit, soit 67 % du total. Il s’agit de la période de deux ans la plus meurtrière pour la profession depuis une décennie. Les territoires palestiniens, le Yémen et l’Ukraine figurent parmi les zones particulièrement dangereuses. L’État de Palestine a enregistré au moins 32 homicides de journalistes en 2025, selon le rapport. L’Unesco attire également l’attention sur l’utilisation des drones dans les opérations militaires. Cinquante journalistes ont été tués lors de frappes menées par ces appareils au cours des deux dernières années, représentant 40 % des décès recensés en zone de guerre. Quinze professionnels auraient par ailleurs été tués alors qu’ils portaient un gilet de presse ou se trouvaient dans un véhicule clairement identifié comme appartenant aux médias. Ces données illustrent les difficultés croissantes rencontrées par les reporters pour exercer leur métier, y compris lorsqu’ils sont reconnaissables comme journalistes.

Le rapport met toutefois en évidence une évolution différente dans les pays qui ne connaissent pas de conflit armé. Dans ces territoires, le taux d’impunité a diminué de 94 % en 2012 à 77 % en 2026, montrant que les efforts judiciaires et les dispositifs de protection peuvent produire des résultats. Mais la situation mondiale reste préoccupante. Depuis 2006, l’Unesco a recensé 1 641 journalistes tués, soit en moyenne un décès tous les quatre jours. Les femmes journalistes sont également confrontées à des risques spécifiques, notamment aux violences sexistes, au harcèlement et aux menaces en ligne. Parmi les 14 femmes journalistes tuées en 2024 et 2025, la très grande majorité exerçait dans des zones de conflit. Face à cette situation, l’organisation appelle les gouvernements à renforcer les enquêtes, à garantir la protection des professionnels de l’information et à poursuivre les responsables des crimes. Au-delà des victimes elles-mêmes, l’impunité représente une menace pour le droit des populations à être informées. Lorsqu’un journaliste est tué et que les circonstances de sa mort ne sont pas élucidées, c’est aussi la capacité des médias à enquêter sur les conflits, la corruption et les violations des droits humains qui se trouve fragilisée.

Partager cet article

Votre article, prêt à partager.

Téléchargez le visuel, puis ajoutez-le à votre publication Instagram. Vous pouvez aussi copier la légende avec le lien de l'article.

Prolongez la lecture